Energie vitale, libido... et jeunesse éternelle…

Quelles sont les énergies vitales qui nous animent ? D’où viennent-elles ? Qu’en faisons-nous ? Et comment résistent-elles au stress, aux injonctions sociales et à l’usure du temps ? En psychologie, la libido est l’énergie qui sous-tend les instincts de vie et, en particulier, l’instinct de procréation (désir, élans sexuels).

Comment réveiller notre énergie vitale (c’est-à-dire notre désir de vie et notre désir tout court), et redonner élan, santé et jeunesse à notre esprit comme à notre corps ?

À quoi mesure-t-on, chaque jour, notre énergie vitale ?
Notre niveau de motivation (ou au contraire notre manque d’enthousiasme) à l’idée de nous sortir du lit le matin, pour nous préparer, prendre notre petit déjeuner et mille autres tâches – pour nous et pour les nôtres – en sont le premier indicateur. Notre entrain pour partir au travail est un indicateur plus clair encore de notre énergie vitale (de notre tonus ou élan de vie) !

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L’énergie vitale à l’état brut

Nous avons tous observé un poisson fraichement pêché, frétillant avec l’énergie du désespoir (dit-on) au bout de sa ligne ou tentant de filer entre les doigts du pêcheur, en un indescriptible élan de vie. On devrait d’ailleurs plutôt parler d’énergie de l’espoir, de l’espoir de vivre, de s’en sortir, de retourner à son biotope. Bel exemple d’énergie vitale, en tout cas, que celle que nous offre ce petit poisson ! Cette énergie vitale décuple ses forces pour lui permettre de tenter d’échapper à la mort et retourner à son élément liquide.

Pour rester dans la métaphore animalière, connaissez-vous la prétendue expérience scientifique des grenouilles à la casserole ? En voici le résumé : « Si l’on plonge une grenouille dans une casserole d’eau à température ambiante, elle barbote et s’y plait. Puis, si l’on allume le feu sous la casserole, l’eau chauffe doucement… et la grenouille s’endort. Elle meurt enfin, bien sûr, à petit feu et sans s’en rendre compte, et ce bien avant l’ébullition. Mais si l’on plonge directement la grenouille dans une casserole d’eau à température même supérieure au niveau létal, celle-ci bande ses muscles dans un fulgurant et irrépressible élan de vie et bondit hors de la casserole ».

Quelle est la morale de cette histoire ? Ce récit (partiellement validé par les différentes expériences scientifiques qui ont tenté de le vérifier) illustre le fait que, lorsqu’une détérioration de notre environnement s’effectue de manière lente, elle passe parfois sous les radars de notre conscience ou, tout au moins, elle ne suscite parfois ni opposition ni révolte. Ainsi, les phénomènes d’adaptation, généralement bénéfiques à l’individu et aux sociétés, se révèleraient parfois nocifs. Il n’est pas douteux en effet que dans certaines situations toxiques (relations d’emprise ou burnout) on voit nombre de victimes sans réactions, en quasi-léthargie, comme tacitement consentantes, alors même que pour les regards extérieurs la situation est mortifère.

Et nous, supportons-nous parfois à bas bruit un environnement ou une relation hostile et/ou toxique qui endort notre énergie vitale, à petit feu ? Et qu’advient-il de nous dans ce cas ? Ou bien sommes-nous vigilants, capables de ressentir cette énergie vitale et de suivre notre instinct pour nous extraire à temps de telles relations toxiques ?

Qu’entend-on par énergie vitale ?

Tout d’abord, l’énergie vitale n’est pas qu’un concept abstrait. Pas plus, en tout cas, que l’énergie des batteries de votre vélo électrique. Nous fonctionnons à l’énergie électrique (comme nombre de machines et d’appareils courants) et nous ne pouvons pas nous passer de carburant (nourriture) pour produire l’énergie consommée par notre organisme. Nous tirons en effet principalement notre énergie des aliments que nous ingérons et synthétisons. Nous captons et synthétisons également l’oxygène, la chaleur, la lumière (etc….) et ces énergies se combinent en nous pour constituer ou alimenter notre énergie vitale.

Ces énergies vitales ou bioénergies constituent des flux qui parcourent notre organisme. Elles sont mobilisées dans notre métabolisme quotidien, les mouvements et processus biologiques à l’œuvre en nous (conscients ou non) et dans toutes nos actions réflexes ou volontaires. Cependant le concept d’énergie vitale ne saurait se réduire à celui d’énergie électrique. L’énergie vitale c’est aussi ce qui permet cet ensemble de processus électrochimiques cérébraux, émotionnels, nerveux (de captation, de traitement et de transmission d’informations). Cet élan de vie – que l’espèce a placé dans tous les organismes vivants – alimente d’innombrables algorithmes plus ou moins conscients qui nous poussent à nous nourrir, à rechercher un habitat adapté à nos besoins, à nous maintenir en bonne santé ou à veiller sur notre progéniture. L’espèce humaine (comme toutes les espèces animales) a placés en nous ces algorithmes pour nous pousser à agir dans SON intérêt ; c’est-à-dire celui de nous développer, croitre et multiplier, en nous adaptant à notre environnement en concurrence (et/ou en interaction) avec les autres espèces et avec nos congénères.

Le concept d’énergie vitale dans le monde animal

Les espèces – de même que les individus au sein de chaque espèce – sont en perpétuelle compétition les uns avec les autres et les plus faibles sont éliminés par les plus adaptés. La plupart des espèces se développent également en coopération avec d’autres espèces, lorsqu’une telle coopération est possible. C’est en particulier le cas s’agissant des milliards de microorganismes qui colonisent les espèces les plus développées et notamment le cas des bactéries qui forment notre microbiote et participent à différents processus vitaux (comme la digestion, par exemple, mais pas seulement).

Cette compétition, comme cette coopération, favorisent l’adaptation et l’amélioration des espèce ou au contraire leur disparition, ainsi que l’évolution et l’amélioration des survivants au sein de chaque espèce ; les individus les moins adaptés ou les moins performants étant éliminés à chaque génération, ainsi que leur patrimoine génétique de « perdants ». En outre, au sein de chaque espèce, les individus sont en permanente compétition, à la fois, avec les proies nécessaires à leur alimentation et avec les prédateurs des mêmes proies (concurrents), comme avec des prédateurs plus grands ou plus fort qu’eux… ou au contraire infiniment petits : champignons, bactéries, virus et autres microorganismes.

Dans nos sociétés humaines modernes et évoluées, cette compétition est plus feutrée et compensée, à la fois, par des processus coopératifs et encadrée par la Loi des états démocratiques qui protègent les plus faibles, sans interdire tout à fait une saine émulation. Les sociétés des pays les plus développés, sont heureusement de plus en plus ouvertes à l’accueil des moins adaptés. J’en veux pour preuve – par exemple – qu’elles hébergent et protègent leurs vieillards, fournissent des lunettes aux déficients visuels, des aides de toutes sortes aux personnes handicapées ou permettent la naissance d’enfants par césarienne. On se souvient en effet qu’au début du siècle dernier, la mort de l’enfant (et souvent celle de la mère) était monnaie courante lorsque l’accouchement était impossible par les voies naturelles. Il en va autrement aujourd’hui et il s’ensuit, dans les dernières générations humaines, le développement de caractères génétiques invalidants. On constate ainsi par exemple la prolifération d’individus présentant une myopie grave (qui n’auraient pas survécu à la Préhistoire) ou de génitrices au bassin étroit (obligées d’accoucher par césarienne) et dont les descendants amplifieront ces caractères génétiques.

L’homme est un animal comme les autres s’agissant de ses besoins vitaux, comme respirer ou se nourrir. Or, si la société humaine tente de gommer les situations d’inégalité liées au handicap, voire prend parfois en charge les personnes de moindre performance (physique ou mentale), il n’en reste pas moins que, pour survivre, certaines personnes handicapées sont dans la nécessité de mobiliser une immense énergie vitale, pour se déplacer, parfois même pour respirer ou parler. Pour elles, la préservation de leur énergie vitale et la survie sont un challenge, de tous les instants, encore plus difficile.

Ces trous noirs énergétivore (dépression et burnout)

Les énergies vitales se déplacent en nous sous forme de courants électriques, d’influx électrochimiques et autres fluides, entre notre cerveau et les différentes parties de notre corps, notamment à travers notre système nerveux et nos fascias[1]. Nous captons par ailleurs des rayonnements cosmiques, voire des énergies et de multiples informations sensorielles basiques (sonores, olfactives, thermiques, électrochimiques ou électromagnétiques)… sensibles ou infra-conscientes qui remontent de tout notre corps, au cerveau, par d’innombrables connexions. Nous captons également – souvent à notre insu – des messages chimiques de notre environnement et de nos congénères qui nous renseignent sur leur stress, leurs peurs, leur disponibilité sexuelle (phéromones) ainsi que des ondes (positives et négatives) qui nous renseignent sur leur état émotionnel… Or, leur état émotionnel influence souvent le nôtre. Il nous est d’ailleurs difficile de cacher nos émotions (et, pour ceux qui y parviennent, ils peuvent prétendre à de belles carrières dans le circuit international du poker de compétition !).

Lorsque nous sommes victimes de stress, d’agressions émotionnelles ou encore lorsque les informations communiquées par les autres individus sur leur propre état émotionnel sont négatives ou anxiogènes, on peut considérer qu’elles constituent pour leur environnement des énergies négatives ou toxiques. Je les appelle « trous noirs », par comparaison avec ces trous noirs présents dans le cosmos et qui absorbent toute l’énergie et même la matière de leur environnement (et jusqu’à des galaxies entières). Ces trous noirs émotionnels font de nous des êtres en équilibre précaire entre force et faiblesse, entre ombre et lumière.

En effet, lorsque notre environnement – en particulier professionnel, mais parfois également familial – nous soumet à trop d’injonctions nous sommes exposés à un stress si énergétivore que nous sombrons dans ce qui est communément nommé un burnout et qui pour moi représente un trou noir émotionnel ; c’est-à-dire un état de résignation, aux antipodes de l’énergie dont faisaient montre le poisson ou la deuxième grenouille évoqués en liminaire. En cas de trou noir émotionnel, on ne ressent plus ni élans, de quelque nature qu’ils soient, ni enthousiasme ni désir ni libido. La dépression, le burnout ou certaines formes d’anorexie sont parmi les plus sévères exemples de perte d’énergie vitale, de perte d’envie, de désir ou de volonté (aboulie). Petite précision sur de l’anorexie qui est en réalité multiple et multifactorielle : Elle peut ainsi parfois ne manifester que le besoin d’évider son corps de l’intérieur pour tenter de créer un espace d’accueil du désir (pour laisser de la place au désir), chez de sujets privés du « désir même de désirer » comme de toute appétence.

Ces énergies négatives qui pénalisent notre élan de vie, nous privent de désir, nous submergent et parfois nous anéantissent sont par exemple toutes les forces qui s’opposent à nos énergies positives et parfois les engloutissent.

1.      Il peut s’agir de stress ou de contrariétés de nature matérielle (professionnelle ou économique) ou affective, comme évoqué ci-dessus, et de tracas ordinaires ;

2.       Il peut s’agir de croyances invalidantes (parfois irrationnelles) et souvent de stress lié aux injonctions morales, de performance et d’image qui nous éloignent de nous-mêmes ;

3.      Il peut s’agir de règles trop strictes et d’interdits religieux castrateurs qui prétendent à la sublimation de l’esprit et à l’ascèse pour tous… comme si tout le monde avait vocation à la sainteté et comme si la sainteté était une condition de la reconnaissance de notre humanité. De telles théories extrémistes vont jusqu’à la contrainte du corps et la négation de notre animalité. Cette animalité essentielle qu’on voudrait nous voir rejeter, de manière arbitraire et brutale. Comme s’il y avait lieu de l’opposer à notre humanité. Ces injonctions sociétales visent à l’ignorance des singularités, des talents et des besoins fondamentaux de l’individu prétendue favoriser la consolidation des institutions et surtout de la famille patriarcale, hétéronormée et monogame.

4.      Il peut s’agir des forces contraires portées par des individus concurrents, au sens de la lutte pour la survie (struggle for life, pour reprendre l’expression de Charles Robert Darwin), mais pas nécessairement acharnés à nous détruire. Il peut aussi s’agir d’énergies négatives ou toxiques déployées par des individus malveillants, jaloux ou prédateurs.

Face à ces énergies négatives, notre élan vital et le rôle que nous assigne l’espèce (dont nous ne sommes que les instruments) nous poussent à tout mettre en œuvre pour combattre les prédateurs et les forces négatives. Nous sommes ainsi censés sortir vainqueurs des défis sociaux et personnels, des confrontations et rivalités, mais aussi, du stress, des maladies et du vieillissement… La règle prioritaire que nous assigne l’espèce humaine étant de rester en vie et surtout en capacité de nous reproduire

L’énergie sexuelle, fer de lance et baromètre de notre élan vital

La sélection naturelle est impitoyable entre nombre d’espèces qui se dévorent les unes les autres. On ne connait cependant que de rares exemples d’individus d’une même espèce se dévorant entre eux. La nature sauvage nous offre en revanche un spectaculaire exemple de cette rivalité entre les individus d’une même espèce, en matière d’accès à la nourriture, bien sûr, mais surtout en matière de reproduction. On voit par exemple de grands mâles (mais aussi des petits) de toutes les espèces terrestres et marines se défier jusqu’à ce que le plus fort élimine ses compétiteurs, devienne ainsi la mâle dominant (alpha) et féconde les meilleures femelles. Il n’est d’ailleurs pas utile qu’il tue ses rivaux pour l’amélioration de l’espèce, puisqu’il est le seul à pouvoir transmettre son patrimoine génétique ; c’est-à-dire ses gamètes de gagnant. De leur côté, les femelles sont également en compétition les unes avec les autres et tentent d’éconduire les géniteurs de second rang. Et, si leur descendance se révèle de moindre performance, elle sera quoi qu’il en soit éliminée ou circonscrite à un stade ou à un autre de la compétions pour la survie (et leurs gamètes de second choix ne prospéreront pas).

On voit ici que l’énergie sexuelle est au premier rang des énergies essentielles. On peut même la dire consubstantielle de l’énergie vitale puisqu’il est nécessaire, pour la perpétuation de toute espèce, que ses membres aient le projet, conscient ou non de croitre et multiplier. Et, pour ce faire, de s’accoupler avec les meilleur.e.s partenaires possibles, en termes de patrimoine génétique… et le plus souvent possible.

On constate donc que l’élan de vie n’est pas qu’élan de survie, mais avant tout un élan de transmission de la vie (procréation). Il est d’ailleurs à noter que l’espèce humaine est l’une des rares pour laquelle le désir sexuel est toujours actif et en éveil, alors que nombres d’espèces animales ont des périodes d’activité sexuelles saisonnières bien délimitées. On parle par exemple des « chaleurs » ou du rut (ou oestrus) de nombre d’espèces.

S’agissant de l’espèce humaine, elle n’échappe aucunement à la pulsion sexuelle animale évoquée ci-dessus. Les sciences modernes et la théorie de l’évolutionnisme confirment d’ailleurs cette injonction religieuse qui remonte à la nuit des temps : “Croissez et multipliez !”. La théorie de l’évolutionnisme apporte ainsi sa caution à ce précepte de la Genèse (Livre d’Isaïe dans l’Ancien Testament et Apocalypse de Saint Jean dans le Nouveau Testament). La théorie évolutionniste voit dans la diversité des formes biologiques le produit d’une implacable dynamique d’expansion et de diversification. La sélection naturelle réside en ceci que les espèces sont contraintes de se développer, de se perfectionner et de s’adapter aux évolutions essentiellement aléatoires de leur environnement ou de disparaître.

Chez l’animal, comme chez l’homme, on comprend ainsi l’enjeu vital (de santé mentale et physique) qu’il y a à respecter et satisfaire cette énergie sexuelle, fer de lance de notre élan de vie et de notre santé, puisque la récompense de toute activité sexuelle est la sécrétion d’hormones qui stimulent, rajeunissent et embellissent notre corps et notre esprit et les rendent plus attractifs comme on le verra plus loin. ER

L’énergie sexuelle et le couple humain

Chez l’homme, cette énergie sexuelle vitale relève pour une grande part d’un instinct animal (irrationnel et irréfléchi) qui nous pousse vers nos partenaires sexuels. Mais s’agissant du choix stratégique d’une épouse ou d’un mari – dans un cadre hétérosexuel et monogame – ce choix émotionnel est parfois plus ou moins teinté de raison… Mais in fine rares sont aujourd’hui les personnes qui ne s’engagent pas dans le mariage essentiellement portées par une attirance sexuelle irrationnelle… qu’on appelle l’amour..

S’agissant de rencontres éphémères comme d’élans amoureux supposés durables, nos algorithmes émotionnels sont mis en éveil par le/la partenaire que l’espèce nous désigne comme le/la plus compatible – c’est-à-dire complémentaire à nos propres gamètes – dans une visée procréatrice. Et la nature est bien faite, car – malgré la faillite d’un mariage sur deux environ – des rejetons naissent de ces unions (même les plus brèves) et l’espèce y trouve son compte.

En revanche, passée la phase de cet élan amoureux instinctif (phase orchestrée par l’espèce à travers lesdits algorithmes ad hoc), l’amour irrationnel cède le pas à une relation plus réfléchie et ainsi souvent moins bienveillante. On constat alors fréquemment, à titre individuel, une perte de l’élan de vie qui avait sous-tendu les premières semaines de la relation ou bien une baisse de forme physique et parfois, dans des couples constitués depuis plusieurs années, une moins grande bienveillance et une moins bonne entente à tous les points de vue. La perte de libido dans le cadre conjugal est en effet parfois le symptôme visible d’un recul de l’admiration du début et donc de l’attirance mutuelle. Bien sûr, en cas de baisse de la libido, les dysfonctionnements organiques et les maladies doivent malgré tout être envisagés et soumis au diagnostic médical, s’il y a lieu, mais les causes les plus courantes sont d’ordre psychologique. Curieusement, cependant, le sujet du désamour est tabou. Ainsi, lorsque j’évoque cette possible cause aux difficultés sexuelles rencontrées par mes patients, la première réaction est souvent le déni.

L’absence du désir est un sujet complexe et il existe de nombreuses causes possibles. Chez les sujets féminins, le fait d’avoir été trop souvent ou trop longtemps « objet » d’un désir non-accueilli ou non-consenti entraine une lassitude. Et la perte du désir s’installe (perte de libido) ; c’est à dire une difficulté à devenir « sujet » de désir, à lâcher prise et à laisser monter le désir en soi, tant il est vrai que le cerveau a le pouvoir d’autoriser ou non cette montée du désir. S’étonnerait-on qu’une oie, ayant subi le supplice du gavage, soit incapable de retrouver des sensations d’appétit ou de désir après cette épreuve ? S’agissant des victimes de viols ou d’abus sexuels, peut-on s’étonner que le sexe ne leur inspire plus que dégoût et que tout accueil du désir en elles soit bloqué ?

Par ailleurs, dans ces phases de refus de toute sexualité, les sujets féminins abandonnent parfois leur part de féminité, pour se retrancher dans leur polarité masculine… comme si elle gagnait en force de dissuasion par rapport à leur agresseur tout en tentant de l’égaler au plan de la force physique. La reconquête du désir, chez les femmes violentées ou abusées passe ainsi parfois par la découverte (ou redécouverte) des énergies de leur féminin sacré.

On peut déplorer que les préparations au mariage (religieuses ou laïques) n’éclairent pas davantage les tourtereaux candidats à la vie commune quant aux enjeux, aux écueils et aux sujets à éclairer avant de s’engager, mais la part émotionnelle et irrationnelle de l’engagement restera probablement toujours prépondérante.

On peut surtout déplorer que l’inconscient collectif de nos sociétés modernes hétéronormées et monogames véhicule un certain nombre d’injonctions et de règles visant à sacraliser (ou au contraire tabouiser) le sexe. Depuis l’avènement de la pensée stoïcienne et judéo-chrétienne, l’homme est en effet invité à nier son animalité, comme s’il s’agissait de la seule voie vers son humanité. Un devoir social s’impose ainsi dans son éducation et son inconscient au mépris de sa nature animale. Ceci aboutit à une véritable castration mentale, à une ascèse imposée mais inconsciente, voire à un refus des plaisirs.

Il est vrai que le petit d’homme est parmi les moins autonomes de la création et que les soins de DEUX parents à son côté pendant ses premières années sont plus favorables à sa survie. Du temps des chasseurs-cueilleurs (avant l’anthropocène et le patriarcat, il y a plus de 13 000 ans), c’est toute la tribu qui prenait en charge les enfants. La monogamie ne présentait alors pas d’intérêt particulier et un matriarcat polygame régnait. Il règne encore de nos jours chez les bonobos sauvages, par exemple, ou dans de rares ethnies miraculeusement préservées de la « civilisation ». Le carcan d’un patriarcat monogame est cependant en butte aux avancées d’un féminisme égalitariste et quasi révolutionnaire dans nos sociétés dites évoluées. Qui peut dire ce que ce choc produira dans les siècles futurs ?

Sexualité, santé physique et mentale

La sexualité mobilise – chez les personnes en âge de procréer et souvent également chez les autres (jeunes et vieux) – une grande agitation émotionnelle. Et les hormones alors à l’œuvre pendant la phase d’approche de partenaires sexuels (sérotonine, ocytocine, testostérone, dopamine ou endorphines… ), comme lors d’accomplissement de l’acte, nous apportent bien-être, assurance, sentiment de toute puissance, une peau tendue par la sécrétion de collagènes, un œil brillant et l’esprit en alerte. La perte de libido, chez l’homme comme chez la femme, sont ainsi un bon indicateur de la baisse de l’énergie vitale, auquel il convient de rester vigilant.

Dans les phases de disponibilité émotionnelle (caractéristiques de l’état de célibat ou d’une relation amoureuse naissante), nous laissons libre cours aux énergies sexuelles (libido) qui nous parcourent… et souvent nous secouent de la tête aux pieds et aux décharges hormonales qui nous submergent corps et âme. Cette activité hormonale dope notre système immunitaire, favorise notre transit intestinal, nous apporte gaité, bien-être et assurance. Grace à elle, notre peau est tendue, notre œil est vif, notre esprit est éveillé et notre allure assurée… et nous ne paraissons pas seulement plus jeunes, mais nous contrarions effectivement l’oxydation et le processus de vieillissement de nos cellules, dus au stress, à la sédentarité, à l’usure du temps

Eternelle jeunesse…

Nos télomères protègent l’extrémité de nos chromosomes, mais raccourcissent lentement mais sûrement à chaque division cellulaire. Ils disparaitront tout à fait, signant l’arrêt de mort de nos cellules, puis des tissus auxquels elles appartiennent. Ceci est le signe des processus de vieillissement visibles chez chacun de nous dès les premières rides ou les premiers cheveux blancs en particulier. Mais, si ce vieillissement est inéluctable et inexorable, une bonne hygiène de vie peut le ralentir. Nous pouvons en effet prendre soin de nos télomères et il existe pour ça des moyens efficaces et simples. Par exemple, éviter le stress qui les raccourcit, la pollution qui leur est nuisible, faire du sport et surtout avoir une activité sexuelle régulière et le plus tard possible pour stimuler la production d’hormones de la récompense, certes, mais surtout d’antioxydants et la production des hormones qui améliorent nos défenses immunitaires, notre teint, nos cheveux, notre esprit etc.

En l’état actuel de la science et de la médecine, l’éternelle jeunesse reste un mythe, même si l’auteur et historien Yuval Noah Harari (Sapiens, HomoDeus), postule que, après avoir presque éradiqué la famine, la misère et la guerre, l’homme est à la veille d’éradiquer le vieillissement et la mort. Mais, en attendant et comme indiqué ci-dessus, on peut raisonnablement espérer, non seulement prolonger notre durée de vie active et combattre la dépendance (4ème âge), mais apporter un grand agrément à toute notre vie et ce jusqu’à plus de 90 ans, grâce à une bonne hygiène de vie et à une sexualité active.

Conservez-vous le souvenir de cette époque bénie où tout votre corps et votre âme étaient offerts au transport de ces hormones du bonheur et de la réussite ? Sans doute pensez-vous que vous étiez en pleine forme PARCE QUE vous étiez jeunes… mais c’est ignorer que vous étiez jeunes dans votre corps PARCE QUE vous l’étiez également dans votre tête. Il ne tient ainsi qu’à vous de réveiller cette énergie sexuelle (et sa cohorte de sécrétions hormonales) le plus souvent brimée par une vie routinière et surtout par nombre d’interdits sociaux… sans oublier les déceptions amoureuses qui nous font trop souvent nous replier sur nous-mêmes ! Renoncer à toute sexualité est un coup fatal à votre énergie vitale et surtout un accélérateur du vieillissement, du fait du ralentissement de notre activité hormonale et de ses bienfaits sur notre cerveau, notre peau, nos cheveux, nos articulations, notre cœur, notre tension artérielle, nos défenses immunitaires et la prévention de maladies graves etc.

Yoga, tantra et kundalini

Enfin, pour les adeptes du yoga ou du tantra, avez-vous déjà entendu parler de la kundalini ? Ce mot vient du Sanskrit. Il désigne l’énergie de vie qui se trouve sous sa forme endormie chez nombre d’êtres êtres humains en négation d’eux-mêmes, dans le déni de leur animalité et en souffrance. Pour réveiller sa kundalini, il faut passer par un processus mental volontaire et un lâcher-prise. L’éveil de la kundalini dynamise et rajeunit votre corps comme votre esprit et peut changer votre vie. La production hormonale qui l’accompagne est notamment utile lors de la ménopause et dans les décennies qui la suivent dans la mesure où ces hormones ralentissent le vieillissement naturel des tissus, comme elles restaurent et dynamisent les processus organiques et stimulent l’esprit. Ce réveil de la production hormonale naturelle n’ambitionne cependant aucunement de se substituer aux traitements hormonaux, prescrits sous le contrôle de l’endocrinologue. Mais il en constitue un harmonieux complément.

Ismaël, mon maître en thérapie psycho corporelle ou (massage énergétique) avait coutume de me dire : « Tu vois petit, quand tu reçois une personne en panne d’énergie vitale ce n’est pas à toi de lui donner TON énergie, parce que tu en as besoin plus que tous les autres si tu veux soigner les personnes. Elle sera déçue, parce qu’elle vient justement pour ça ! Mais il faut savoir lui expliquer que chacun de nous reçoit chaque jour souvent le double des apports nutritifs dont il a besoin, autant d’oxygène, d’eau et d’énergie cosmique qui lui sont nécessaires pour accomplir ce qu’il a à faire dans la journée et même bien davantage. Ça veut dire que sa propre énergie vitale est suffisante et que tu vas juste l’aider à la retrouver et à la réactiver. Ok, petit ? Le problème, petit, c’est les énergies négatives : le stress, les mauvaises pensées, les peurs qui nous paralysent et nous font perdre la confiance en nous.
Tu as seulement à lui montrer comment accueillir et canaliser sa propre énergie, comment mettre en perspective, éloigner ou combattre les énergies négatives. Si tu sais faire ça, tu le soignes pour toute sa vie. Si tu ne fais que t’épuiser en massage et si tu lui donnes toute ton énergie, il sera peut-être mieux après le massage mais ce sera à refaire le lendemain. C’est comme si tu veux nourrir un homme, donne lui un poisson, tu le nourris seulement un jour. Mais si tu lui apprends à pêcher tu vas le nourrir toute sa vie ! »

 

Massages énergétiques et stimulations psychocorporelles

Chez les personnes vivant seules ou dans un couple ayant déserté le champ amoureux, le kuṇḍalinī yoga et/ou le massage tantrique sont des moyens d’éveiller et d’entretenir sa kundalini.

Certaines soins psychocorporels, massages énergétiques, ou de pleine conscience peuvent également contribuer au lâcher-prise et à la libération d’hormones réparatrices. Ils permettent surtout d’éduquer les sujets bloqués dans leur cerveau gauche (par le stress, des croyances invalidantes ou un deuil par exemple) à faire l’effort mental de sortir d’un mal-être global et confus, synonyme de perte de l’élan de vie, pour retrouver l’équilibre dans l’ici et maintenant.

Rappel : Nos hémisphères cérébraux ne fonctionnent pas de manière symétrique, comme on le vérifie désormais, en particulier grâce à l’IRM fonctionnelle. L’hémisphère dominant – le cerveau gauche (en général) – est celui du raisonnement élaboré, construit ou scientifique, du langage, du calcul, du projet, des règles, des lois et des interdits, notamment. Le cerveau droit est quant à lui celui des sens, de la créativité, des émotions, de la conscience de l’instant présent etc. Ce qu’on pourrait résumer en disant le cerveau gauche décompose les problèmes et analyse et le cerveau droit ressent (émotions, sentiments) s’intéresse au tout, imagine et innove. Chez les sujets stressés, dépressifs ou en burnout, le cerveau gauche a la capacité de paralyser le fonctionnement cérébral, allant jusqu’à bloquer toute sensation ou perception positive que pourrait accueillir et traiter le cerveau droit.

Je précise ici que – sous stress – le cerveau gauche c’est celui qui ressasse ou mouline le passé ou spécule sur un futur anxiogène. Il s’égare alors dans l’abstraction ou la chimère. Tandis que le cerveau droit, c’est celui du présent, du concret, de la vérité et de l’ancrage du cœur et du corps. C’est surtout celui qui nous permet de jouir en pleine conscience de l’instant présent, contribuant ainsi grandement à nous sortir de la déprime ou du burn-out (là où le cerveau gauche en surchauffe reste impuissant à gérer les crises).

Le lâcher-prise, consiste précisément à tenter de desserrer l’étreinte de l’étau que représente le cerveau gauche. Certains soins psychocorporels et massages énergétique se fondent sur une préparation mentale appropriée qui invite le patient à mettre en perspective les énergies vitales qui l’habitent, les blocages énergétiques qui le paralysent (trous noirs énergivores) et à s’ouvrir à une perception bienveillante, dans l’ici et maintenant, des soins psychocorporels qui lui sont proposés.

Pour une meilleurs compréhension des notions de cerveau gauche et droit en opposition (ou en interaction vertueuse), voici quelques notions générales / cliquer ici.


A propos de Philippe Lamy

Par Philippe Lamy

Thérapeute de la relation (à la ville, au travail et dans le couple) et sexothérapeute,

Fondateur de Spring-MediCare, à Lyon le 09/02/2021

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