Quelle place pour le philo-cognitif dans la société ?

Quel bonheur possible, pour les philo-cognitifs

Enfin, avec tout cela, le philocognitif peut-il parvenir au bonheur ? Difficile à dire… C’est peut-être une question à laquelle même un autre philocognitif ne peut répondre… Trop de facteurs, trop de réponses possibles, trop de questions soulevées par ces possibles réponses… Sans doute le surdoué ne devrait-il pas avoir une trop grande ambition, car sa réussite atteindra rarement la mesure de son infinie soif d’absolu. Il est en effet fréquent que le surdoué porte, sur lui- même, un regard sans indulgence et que sa propre réussite lui paraisse ridicule, au regard de ses ambitions. Il est un perpétuel insatisfait, mais c’est à lui qu’il réserve ses critiques les plus vives. Et dans les situations de conflits familiaux, il se remet facilement en cause, se croyant souvent le principal (voire le seul) responsable du désaccord.

Pour trouver le bonheur, une piste, cependant, doit être privilégiée : Ne pas chercher seul ce bonheur. Prendre la main, d’un autre sujet philocognitif et chercher ensemble. Mais la difficulté, dans nos régions, c’est que les surdoués sont rares… Or, de surcroît – peut-être, par crainte des prédateurs – ils se cachent souvent sous leur faux-self, pour se fondre dans la masse. Résultat : on ne les voit pas. Mais par chance les philocognitifs se reconnaissent entre eux et aussi peu nombreux soient-ils, il est rare qu’ils ne trouvent pas à ce constituer quelques solides amitiés avec des âmes qui leur ressemblent.

Cependant, si sa quête d’un(e) autre qui lui ressemble est infructueuse, la véritable double peine de l’adulte surdoué, c’est que la solitude lui est plus intolérable encore qu’à tout autre. Lui qui, par essence, est tout entier tourné vers l’interaction intellectuelle et/ou émotionnelle, il se consume et s’étiole dans sa solitude… Et ce, parfois, même s’il est, en apparence, entouré d’amour, d’amitiés et de bonnes volontés.

Doit-on à tout prix faire diagnostiquer la douance (ou philo-cognition) ?

Nommer ce qui doit l’être et poser le bon diagnostic permet souvent de dénouer de graves malentendus. On ne peut sans doute pas dépister une population entière, mais voici quelques signes qui devraient inciter parents et adultes à envisager sérieusement l’utilité d’un diagnostic.

Il en existe plusieurs. Je ne citerai ici que les plus reconnus élaborés par le psychologue américain (d’origine roumaine) David Wechsler qui a développé plusieurs tests d’intelligence normalisés correspondant à différents âges. Ces tests, largement diffusés dans le monde, sont en particulier : le WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale), le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children) et le WPPSI (Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence).

Disposer d’évaluations et de bilans neuropsychologiques est en outre indispensable en particulier pour les enfants présentant des troubles « dys- » (dyslexie, dysorthographie, dyspraxie…), pour comprendre les mécanismes cognitifs impactés, appréhender les freins cognitifs et les points d’appui des enfants présentant ces troubles, repérer leurs manifestations spécifiques pour mieux les comprendre, mesurer les répercussions de ces troubles sur la personne de l’enfant et de l’adolescent et sur les apprentissages de l’élève. Ces troubles sont en effet souvent corrélés à un diagnostic de haut potentiel intellectuel… mais ils en masquent l’évidence pour les enseignants non-avertis. Comment imaginer en effet un enfant surdoué chez le cancre de la classe, un enfant qui ne sait pas écrire à huit ans etc. ? Les tests de QI et autres bilans neuropsychologiques sont ainsi indispensables dès qu’une difficulté scolaire ou une phobie scolaire apparait.

Les adultes HP qui s’ignorent

Mais revenons-en aux adultes HP qui s’ignorent, puisque cet article traite en particulier de leurs difficultés spécifiques. Nous ne pouvons ignorer qu’ils sont d’anciens enfants et adolescents qui sont passés sous les radars des enseignants et des psychologues. Ceci signifie qu’ils ont – pour survivre, s’en sortir ou passer entre les gouttes – dû imaginer et adopter des stratégies individuelles d’adaptation (sur-adaptation) et de camouflage, souvent au prix de nombreuses souffrances, frustrations, blessures et renoncements et qu’ils en portent encore les blessures ou les stigmates. Ils ont en particulier découvert et géré leur incapacité à s’insérer socialement, à se faire comprendre et à comprendre les autres, à partager des visions ou des passions et sont restés souvent solitaires. Ils en ont généralement retiré un sentiment d’infériorité ou d’échec. Leur révéler, même tardivement, leur haut potentiel intellectuel et leur permettre ainsi de faire eux-mêmes l’autopsie de leur échec et leur donner les outils de leur redéploiement est le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire. Je peux témoigner de la spectaculaire transformation ou renaissance de certains de mes patients, à la découverte du gigantesque malentendu qui les avaient placés parmi les derniers, alors qu’ils étaient parmi les meilleurs et avaient en eux encore des projets innovants, ambitieux, stimulants et même potentiellement fédérateurs. Mais, alors même que leur cœur, leur intelligence, leurs intuitions, leur créativité avaient été niés, ignorés, piétinés depuis des décennies, la formidable résiliences développées au cours de décennies de sur adaptation allait enfin leur servir à se transcender et à prendre leur envol.

Par Philippe Lamy, à Lyon le 29/08/2020

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