Le fonctionnement cérébral à part des individus HP (Haut Potentiel)

Quelques notions basiques sur les grandes zones du cerveau et leur fonction

Le cerveau supervise le système nerveux central. Ledit Système Nerveux Central est composé de l’encéphale (cerveau + cervelet + tronc cérébral) et de la moelle épinière. Le cerveau est logé dans la boîte crânienne et baigne dans le liquide cérébro-spinal (également appelé liquide céphalo- rachidien). Le système nerveux périphérique est composé, quant à lui, de nerfs qui assurent deux fonctions :

  • la collecte des informations en provenance des différentes parties du corps et de son environnement (notamment grâce aux cinq sens : vue, ouïe, toucher, goût, odorat), mais aussi grâce aux émotions et sensations internes qui gèrent un certain nombre d’actions réflexes, comme l’équilibre par exemple ;
  • ainsi que la transmission au corps des ordres provenant du cerveau, au terme d’un processus électrochimique global, complexe et fulgurent, commandant nos actions et réactions conscientes ou non.

Le cerveau remplit de nombreuses fonctions, mais nous considérerons ici seulement ses fonctions cognitives liées au traitement de l’information (sensations, émotions, souvenirs, acquis de l’expérience, croyances…).

Le cerveau est complexe et ses différentes zones sont interactives. Il en existe cependant une représentation qui définit en particulier deux grandes zones « spécialisées », aux fonctions différentes et complémentaires : l’hémisphères droit et l’hémisphères gauche, connectés via le corps calleux (une substance blanche située en son centre).

L’hémisphère gauche traite en général les informations de manière verbale et séquentielle (l’une après l’autre) et l’hémisphère droit, en général, de manière synthétique et spatiale.

Cette représentation, est certes schématique, mais elle est communément utilisée depuis les années 70 :

  • L’hémisphère cérébral gauche – également appelé cerveau gauche – est ainsi notamment le siège de la réflexion, des apprentissages (langage, écriture, mathématiques, sciences), de la raison, des raisonnements, des calculs, du projet et des anticipations, des règles sociales et légales, de la culture, des interdits, des
    tabous…
  • L’hémisphère cérébral droit (ou cerveau droit) est surtout celui l’instinct, de l’émotion, de l’intuition, des sens (sensitivité, sensibilité et sensualité), de l’improvisation, de la créativité, de la spontanéité… Il est aussi celui du plaisir sensuel, du culte de l’immédiateté (carpe diem), du présent.

Je dirai en outre que – sous stress – le cerveau gauche c’est celui qui ressasse ou mouline le passé ou spécule sur un futur anxiogène. Il s’égare alors dans l’abstraction ou la chimère. Alors que le cerveau droit, c’est celui du présent, du concret, de la vérité et de l’ancrage du cœur et du corps. C’est surtout celui qui nous permet de jouir en pleine conscience de l’instant présent, contribuant ainsi grandement à nous sortir de la déprime ou du burn-out, là où le cerveau gauche en surchauffe reste impuissant à gérer les crises.

Nota : Cette représentation vaut pour les droitiers, mais elle est inversée chez les gauchers, assez nombreux parmi les sujets à haut potentiel.

Chaque hémisphère se décompose en outre en quatre parties externes : le lobe frontal, pariétal, temporal et occipital. A cela on pourrait ajouter ce qu’on nomme le « système limbique » ; c’est-à-dire une zone constituée : de l’hippocampe, du thalamus, de l’hypothalamus, du gyrus cingulaire, des ganglions de la base (appelés aussi noyaux gris centraux), du fornix et des amygdales. De récentes recherches montrent également la présence de neurones dans le système digestifs… mais restons schématiques pour ne pas compliquer notre propos qui se veut généraliste. On pourrait résumer en disant que le cerveau gauche décompose ou analyse les situations et que le cerveau droit ressent,n expérimente, improvise et innove. Pour autant, toutes les zones du cerveau interagissent plus ou moins simultanément, selon les diverses activités que peut suivre l’IRMf, chez tous types de personnes, de différents niveaux d’équipement cérébral.

Or, ce qui est caractéristique et frappant chez les philo-cognitifs, c’est l’activité intense de leur cerveau gauche qui gère l’hyperspéculation qui caractérise leur fonctionnement cognitif spécifique, ainsi que la quantité des interactions visibles entre les deux hémisphères et la fulgurance, la spontanéité et la pertinence des réponses qui en découlent. On peut cependant parfois déplorer que ces réponses spontanées et évidentes, pour les philocognitifs, leur soient souvent difficiles à expliquer ou justifier ; ce dont d’ailleurs leurs interlocuteurs ont parfois du mal à s’accommoder.

Mais les philocognitifs n’aiment pas seulement penser, réfléchir, couper les cheveux en quatre ou se faire des nœuds au cerveau (comme le disent ceux qui les côtoient sans toujours les connaitre), mais ils pensent autrement ; c’est-à-dire de manière indépendante et personnelle. Il ne leur suffit pas de croire ce que tour le monde croit, pour croire de même. Au contraire : cette unanimité ne peut que les surprendre et leur paraitre suspecte ; Cette indépendance d’esprit est même la caractéristique dominante et partagée par tous les sujets concernés par la philo-cognition, quelles que soient leur appartenance aux différentes catégories dont ils relèvent.

Hypersensibles et hyperesthésiques (ce qui mobilise également leur cerveau droit), les philocognitifs sont aussi empathiques. On dit qu’ils ont « le cœur sur la main ». Ils sont des cœurs purs, ils sont de bonnes âmes… et ainsi des proies faciles pour les personnes moins bien intentionnées qui en font ainsi trop souvent des souffre-douleurs, des victimes consentantes (pour les pervers narcissiques en particulier). Ils sont également intuitifs, hypersensibles, créatifs et passionnés, recherchant du sens et du lien dans toutes les matières abordées et dans toutes les rencontres.

Les philocognitifs et les troubles de l’attention

Le cerveau hyper actif des sujets philo-cognitifs est particulièrement exposé à certaines difficultés fonctionnelles, perturbant un fonctionnement cognitif standard. Ainsi, des troubles tels que syndromes dys- ou les troubles de l’attentions (avec ou sans hyper activités) sont-ils fréquents chez les personnes à haut potentiel intellectuel.
Il faut considérer le désordre qu’on nomme TDA ou TDA H (trouble ou déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), en prenant en compte l’hyperesthésie ou l’hyper acuité et l’hypersensibilité des philocognitifs et le fait que ces sujets sont submergés d’émotions, de stresses, d’informations et de perturbations (sonores, lumineuses etc.).

Ces inputs perturbent leur attention et leur application, car le cerveau et ses fonctions inhibitrices d’infos secondaires peinent à les gérer. Ces mêmes inputs sont moins nombreux et moins violents chez les neurotypiques et correctement gérés. Mais l’attention et la concentration des philocognitifs (neuroatypiques), littéralement submergés, en est affectée.

Bien d’autres particularités des sujets philo-cognitifs méritent d’être évoqués mais ce court article n’a pour toute prétention que d’éveiller l’intérêt des personnes concernées par ce particularisme cognitif et de les renvoyer aux grands prêtres de la matière, en particulier à la lecture de l’ouvrage Les Philo-cognitifs (Odile Jacob 2019) du Dr. Fanny Nusmaum.

Ultra-cognition et supra-cognition

La cognition qui inclut l’ensemble du champ sensoriel et émotionnel n’est pas cependant limitée à la performance intellectuelle. Ainsi, les performances sportives exceptionnelles et l’habileté ou l’agilité exceptionnelles de certains artiste virtuoses, par exemple, relèvent de ce que Fanny Nusbaum nomme ultra cognition.
L’ultra-cognition est en effet liée à des aptitudes spécifiques dans certains domaines de la perception, de la gestion des informations, dans l’adaptation situationnelle et dans la motricité. C’est elle qui permet et explique l’habileté, l’agilité ou les performances exceptionnelles mais aussi la motivation et la réussite, chez les sportifs de haut niveau, comme chez les artistes virtuoses, les jongleurs ou les acrobates de haute volée.

Dans la nouvelle représentation de la douance proposée par Fanny Nusbaum, l’ultra-cognition est le pendant (et parfois un complément) de la philo-cognition. Et ultra-cognition et philo-cognition sont ainsi regroupées dans le champ global défini par Fanny Nusbaum comme supra-cognition.

La supra-cognition intègre ainsi toutes les dimensions de l’intelligence. Et la conjonction très particulière de philo-cognition et d’ultra-cognition peut mener à ce qu’on est convenu d’appeler le génie.


Voir aussi : HAUT POTENTIEL, COMPRENDRE ET CONTRER L’EMBALLEMENT DU CERVEAU GAUCHE



Par Philippe Lamy, à Lyon le 26/08/2020

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