Les philocognitifs à l’école ou au travail

Les philo-cognitifs, le sens du monde et le sens de la vie

Les surdoués, grands et petits, ont pour quête inépuisable de comprendre le sens de choses, le sens de la vie. Ils ont du mal à accorder de l’intérêt à un sujet de manière superficielle ; ils veulent tout en comprendre et tout démonter, voire démontrer. Ils ont aussi une grande difficulté à croire ce qui n’est pas démontré, à croire au Père Noël ou à croire en Dieu, par exemple. Ils en souffrent souvent jusqu’à l’âge où ils renonceront à penser qu’on peut croire par le seul fait que les autres ont l’air convaincus. Ils seront ainsi souvent libérés lorsqu’ils s’autoriseront à penser (voire à avouer) qu’ils sont agnostiques, par exemple. Une étude montre que les surdoués représentent une proportion de non-croyants supérieure à la moyenne.

Un philocognitif se caractérise par une interaction à grande vitesse et permanente entre ses deux hémisphères cérébraux. Ceci suppose bien sûr des connexions fulgurantes, entre les différents secteurs concernés, mais surtout une hypertrophie (pourrait-on dire, de manière imagée) de l’hémisphère cérébral droit. Le surdoué est donc un être hypersensible, émotif et sentimentalement fragile… Et ce, quel que soit son âge.

Une empathie incontrôlable

L’hyperesthésie, l’hyper acuité et/ou l’hypersensibilité des philocognitifs les place en situation privilégiée pour interagir avec leurs semblables. Cette disposition en fait des champions de l’empathie et de l’ouverture aux autres et au partage de leurs émotions et de leurs préoccupations.

Les philo-cognitifs ont en outre une propension naturelle à vouloir aider les autres. Ils perçoivent en effet un spectre d’informations très large, à travers ses cinq sens (et parfois un sixième) : expressions involontaires de leurs interlocuteurs, messages chimiques, par exemple, notamment sur l’humeur des gens, leurs intentions etc. Le surdoué peut, à la rigueur, se déplacer dans le noir complet, pour peu qu’il ait eu l’occasion de visualiser les lieux auparavant (il aura, en effet, à cette occasion, enregistré à son insu, les informations nécessaires à son repérage dans l’espace). Des informations sonores peuvent même le guider dans le noir (telles que les exploite la chauve-souris ou le dauphin).

Daniel Kish, un américain aveugle depuis l’âge de treize mois, a d’ailleurs développé une technique d’écholocalisation qui lui permet de s’orienter en écoutant l’écho des mini-chocs de sa canne blanche sur la chaussée et tous les bruits environnants. Cette technique permet même à certains aveugles particulièrement doués et entrainés de faire du vélo.

Le surdoué peut aussi entendre plusieurs conversations à la fois (sans pour autant en écouter vraiment aucune). Il s’interrompt ainsi parfois par exemple dans une conversation pour apporter une précision, en intervenant dans un autre échange, à l’opposé de la place qu’il occupe à un dîner, alors que personne n’aurait pu imaginer que son ouïe pût même en percevoir le murmure, couvert par d’autres conversations (et par des bruits parasites, tels que bruits de vaisselle, musique, rires etc.), ni surtout que son cerveau pût en suivre le fil (voire même le fil discontinu de bribes improbables, de multiples échanges, dans la même pièce).

L’inconvénient de cette empathie incontrôlable, c’est que le surdoué est une véritable éponge à émotions. Il peut ainsi développer une propension à porter sur ses épaules tous les malheurs du monde ; ce qui favorise parfois un syndrome dépressif latent qui se nourrit bien sûr, aussi, de son isolement intellectuel (quand ce n’est pas également d’un échec social et/ou professionnel).

Les philo-cognitifs et les études

Les philocognitifs, comme leur nom l’indique (et comme expliqué plus haut) ont un besoin vital, permanent et boulimique de penser et réfléchir par eux-mêmes pour comprendre les choses et leur trouver un sens et ce de manière particulièrement indépendante.

Ainsi, ce qui n’a pas de sens pour eux ou ce dont ils ne perçoivent pas le sens n’a pas d’intérêt et surtout ne peut pas pénétrer leur intelligence ni se fixer dans leur mémoire.
Les philo-laminaires ont cependant la faculté d’accepter l’abstraction et les règles d’un jeu dont ils ne comprennent pas toujours le sens, mais les philo-complexes qui présentent des faiblesses dans une ou deux matières et/ou des difficultés d’apprentissage ou d’attention (troubles dys-, TDAH etc.) sont tellement affectés par l’échec qu’un encadrement personnalisé et humain leur est indispensable. Ils peuvent ainsi être les pires des élèves dans certaines matières et les meilleurs dans d’autres. Leurs pires matières peuvent d’ailleurs devenir les meilleurs, en quelques mois, s’il s’établit une relation de qualité et d’écoute (voire d’admiration ou d’amitié) avec tel ou tel enseignant. Dans ce contexte de nécessité d’une pédagogie adapté, il leur faut un alors un cadre de travail protégé. Ils sont en effet tellement bombardés d’émotions, de pensées en arborescence et tellement sensibles et réceptifs aux stimulations parasites (musique, bruits divers, inconfort d’une étiquette sur un vêtement…) qu’ils parviennent moins facilement à fixer leur attention. Au cours de leurs études, ils sont facilement sujet à l’ennui et décrochent s’ils ne sont pas correctement identifiés et aidés.

Nombre de philo-complexes abandonnent ainsi les études trop tôt, pour n’avoir pas trouvé les bons enseignants, capables d’éveiller leur intérêt et de susciter leur motivation, par une attention particulière, propres à éclairer leur enseignement d’un véritable sens, en résonnance avec le besoin immédiat de l’élève de comprendre l’utilité de la matière enseignée (à court et long terme), pour fixer son attention. Anéantis par l’ennui, ces élèves, sont incapables de se motiver à écouter et retenir les cours, lorsqu’ils ne les comprennent pas ou n’en comprennent pas l’utilité.

Un jeune patient philo-complexe (auto-proclamé nul en maths et matières scientifiques), me raconta avoir paradoxalement troqué son statut de cancre (placé dans les 2 ou 3 derniers de la classe tout au long de sa scolarité dans quasi toutes les matières) pour une place de premier en SVT, physique et chimie en classe de première. Pourquoi ? Une meilleure interaction (plus individuelle, plus émotionnelle ou plus ludique) avec le professeur qui enseignait ces trois matières cette année-là est l’explication. Les cancres abonnés aux dernières places qui parviennent accidentellement et de manière aussi éphémère qu’inattendue à décrocher les premières places sont toujours des philo-complexes, qu’une pédagogie plus individualisée et plus adaptée et/ou une attention particulière des professeurs aura pu réveiller, l’espace de quelques semaines.

Ces caractères si particuliers des philocognitifs enfants se retrouvent de la même manière chez les philocognitifs adultes, au travail et en couple. Cette quête de sens, en particulier, que leur interdit de faire ce à quoi ils ne trouvent ni sens ni intérêt est la plus grande constante. Ainsi, seul le sens et/ou la passion sont à même de mobiliser l’énergie nécessaire à leur travail. Professionnellement, ils sont souvent professionnels libéraux, patrons, autoentrepreneurs, free-lance etc. ou des salariés rêveurs, peu zélés et planqués, rêvant secrètement d’autres rivages… ou encore tristement résignés.

Par Philippe Lamy, à Lyon le 26/08/2020

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